Les clés du paradis


Mercredi 2 avril 2008
Lundi soir j’avais 20 ans. Au milieu de la fosse, entouré d’une véritable meute de jeans slim boutonneux, Alicia Keys fait son show, sans fausse note.
C’est gratuit, car je suis invité, mais je paye de ma personne. Quatre heures debout dont deux à attendre l’artiste au milieu de fans hystéro. Je frise le tour de reins quand j’aperçois enfin sa chevelure lisse de métisse.
A la verticale aux dessus de nos têtes, d’étranges techniciens aux allures d’alpinistes prennent place dans de petites nacelles destinées à éclairer la jeune New-yorkaise. Mais la montagne n’accouche pas d’une souris; la belle assure, forcement, elle escalade les notes avec ses doigts de fée, les cordes de son piano font vibrer mon cœur avec harmonie.
Le concert est à son zénith, comme quand le soleil atteint son point le plus haut et que je fais la sourde oreille aux plaisirs de l’existence. Le titre « No one » agit sur la foule comme une tuerie ; il décime le moindre excès de mélancolie et semble offrir à mes voisins les clés du paradis.
Alicia, ton teint rayonne comme celui d’une sœur, ta voix possède la tessiture d’un frère pourtant nous sommes tous deux enfants uniques et parfois même dans le silence, un peu orphelin.

2 commentaires:

Chondre a dit…

T'ain, je suis hyper jaloux. J'écoute son disque en boucle depuis des semaines.

Fils de La République a dit…

Ben moi je l'ai même pas écouté une fois.. la vie est trop injuste