Défaite Royale




Dimanche 13 mai 2007

17H53, le dimanche 6 Mai. Je glisse fébrilement le bulletin de Ségolène dans sa petite enveloppe bleue et je vérifie par deux fois son contenu. Le bureau de vote est vide, mais la page d’émargement que me présente l’assesseur n’attend plus que ma seule signature.
Cela me fait toujours bizarre, cet instant emprunt d’une certaine solennité ou l’employé communal prononce vos nom et prénoms à haute voix, pour finir par vous lâcher un jouissif « a voté » Dans ces moments là, je suis fier d’être un fils de la république, même si le futur tôlier me chatouille déjà les neurones.
L’’heure tourne, je m’engouffre dans la première bouche de métro, direction rue de Solferino. Dans le wagon, un couple de jeunes BCBG habillé comme pour aller à la messe, gloussent en silence sur des photos de Sarkozy dans Paris Match, le poids des photos, le choc des mots.
Station Assemblée Nationale, j’aperçois au fond de la rame un député-maire de gauche dont le nom m’échappe. Il scrute fixement son téléphone mobile et je me dis qu’il doit lire les premières estimations .Pendant que j’observe son visage renfrogné et ses doigts crispés sur son paquet de cigarette, mes derniers espoirs Elyséens partent en fumée.
Dans la rue la foule est là. Jeune, militante, bruyante ou totalement éteinte, comme déjà anesthésiée par la défaite, comme déjà galvanisée par la résistance future.
Devant le 282 du Boulevard Saint Germain, un petit groupe de fans attend la candidate, encadré par une flopée de journalistes photographes qui me font penser à des paparazzis.
Et puis elle apparait, souriante, détendue. Il est 19H55 et rien sur son visage ne laisse envisager le résultat fatal. Si un motard de TF1 ne venait pas de vendre la mèche, j’aurais pu croire à la victoire.
Ensuite les événements s’accélèrent, Mme Royal se lance dans un bain de foule au milieu d’une cohue indescriptible. La pop star a trouvé son maitre: l'homme la femme politique.
Le service d’ordre du PS jette à terre un cameraman de la Une pendant que la population remercie la candidate.
Sur le chemin du retour, des militants UMP crient leur joie en toute impunité et j’esquisse un sourire de camouflage annonciateur de futures luttes.

2 commentaires:

Endemion a dit…

Moi aussi j'y ai cru jusqu'à la dernière minute.
Je suis vraiment déçu du choix des français, et ça semble pas s'améliorer avec les Legislatives. Ils ont vraiment rien compris!!
Seul bon point, Le Pen a reculé (pourvu qu'il disparaisse!!)
Très bon blog ;)

Fils de La République a dit…

Merci d'avoir lu mon Blog edemion, sauf que moi j'y croyais pas trop à la victoire. Je me console en pensant que 47% ont voté pour Ségo.